Destination Lune

Après l'ISS, cap sur la Lune.

Revivez Artemis II, découvrez les images prises autour de la Lune et comprenez comment cette mission prépare la suite de l'exploration humaine.

Images d'archives — Sources officielles indiquées pour chaque média.

La Terre en partie plongée dans la nuit, bordée d'un fin croissant lumineux, vue depuis un hublot du vaisseau Orion ; des aurores vertes apparaissent aux hautes latitudes.
« Hello, World » : la Terre vue d'Orion après l'injection translunaire — 2 avril 2026. Crédit : NASA/Reid Wiseman. Source (nouvelle fenêtre)

Artemis II

Mission accomplie
Type de mission
Vol d'essai habité autour de la Lune (trajectoire de retour libre)
Lancement
1er avril 2026, 22 h 35 UTC (18 h 35 heure de Floride)
Retour
11 avril 2026, 0 h 07 UTC (10 avril, 17 h 07 heure de Californie)
Durée
9 jours, 1 heure, 32 minutes et 15 secondes
Véhicule
Space Launch System (SLS), configuration Block 1 · Orion « Integrity » · Module de service européen ESM-2 (ESA / Airbus)
Destination
Survol de la Lune, sans mise en orbite ni alunissage
Distance parcourue
Environ 1 126 922 km
Éloignement maximal
406 770 km (record pour un vol habité)

Dernière vérification : 8 septembre 2026 · Sources : NASA — NASA — Mission Artemis II (nouvelle fenêtre), NASA — NASA — Communiqué de lancement (1er avril 2026) (nouvelle fenêtre), NASA — NASA — Communiqué de retour sur Terre (10 avril 2026) (nouvelle fenêtre), NASA — NASA — Record de distance pour un vol habité (nouvelle fenêtre), ESA — ESA — Communiqué « Splashdown for Artemis II » (nouvelle fenêtre), NASA — NASA — Mise à jour de l'architecture Artemis (2026) (nouvelle fenêtre)

Équipage

  • Reid WisemanCommandant · NASA
  • Victor GloverPilote · NASA
  • Christina KochSpécialiste de mission · NASA
  • Jeremy HansenSpécialiste de mission · CSA

Et ensuite ?

  • Artemis III (prévue en 2027)Vol d'essai en orbite terrestre basse : rendez-vous avec un atterrisseur lunaire et essais des nouvelles combinaisons, selon l'architecture annoncée par la NASA en 2026.
  • Artemis IV (au plus tôt en 2028)Première tentative d'alunissage habité du programme, près du pôle Sud lunaire, selon le calendrier prévisionnel de la NASA.
  • Station GatewayLa NASA a annoncé en mars 2026 la clôture progressive du programme Gateway, au profit d'une présence directe à la surface lunaire.

Revivre la mission

Artemis II, étape par étape

Du décollage en Floride à l'amerrissage dans le Pacifique : les huit moments clés du premier vol habité autour de la Lune depuis 1972, avec pour chacun une donnée marquante et sa source officielle.

  1. Étape 1 : Préparation et lancement de SLS et Orion

    Après des semaines de préparatifs au Centre spatial Kennedy, la fusée Space Launch System décolle du pas de tir 39B à 18 h 35 heure de Floride. À son sommet, le vaisseau Orion baptisé « Integrity » emporte Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen. C'est le premier vol habité du programme Artemis et le premier départ d'astronautes vers la Lune depuis Apollo 17, en décembre 1972. Les deux propulseurs à poudre et les quatre moteurs RS-25 fournissent la poussée nécessaire pour atteindre l'orbite terrestre.

    4astronautes à bord, dont un Canadien

    Source : NASA — Communiqué de lancement (1er avril 2026) (nouvelle fenêtre)
    Fusée SLS s'élevant au-dessus de sa tour de lancement, flamme blanche et panache de fumée illuminant le ciel du soir.

    Archive · Crédit : NASA · 1er avril 2026

  2. Étape 2 : Insertion et vérifications en orbite terrestre

    Une fois séparé de la fusée, Orion passe près d'une journée en orbite terrestre allongée. L'équipage et le centre de contrôle vérifient les systèmes vitaux avant de s'éloigner de la Terre : support de vie, communications, navigation et pilotage manuel du vaisseau. Cette phase sert de dernier point de contrôle : si un problème apparaît, la mission peut encore revenir rapidement. Elle valide aussi, pour la première fois avec un équipage, le comportement du module de service européen qui fournit l'électricité, l'eau et la propulsion.

    ≈ 1 jourd'essais en orbite terrestre avant le départ

    Source : NASA — Mission Artemis II (nouvelle fenêtre)
  3. Étape 3 : Départ vers la Lune : l'injection translunaire

    Le moteur principal du module de service européen s'allume pendant environ 350 secondes pour arracher Orion à l'orbite terrestre. Cette poussée, appelée injection translunaire, place le vaisseau sur une trajectoire de retour libre : la gravité de la Lune le ramènera d'elle-même vers la Terre, même sans nouvelle manœuvre. Selon l'ESA, la précision de la manœuvre a permis d'annuler deux des trois corrections de trajectoire prévues pendant l'aller. Quelques minutes plus tard, Reid Wiseman photographie la Terre : l'image « Hello, World ».

    ≈ 350 sde poussée du moteur principal européen

    Source : ESA — Communiqué « Splashdown for Artemis II » (nouvelle fenêtre)
    La Terre en partie plongée dans la nuit, bordée d'un fin croissant lumineux, vue depuis un hublot du vaisseau Orion ; des aurores vertes apparaissent aux hautes latitudes.

    Archive · Crédit : NASA/Reid Wiseman · 2 avril 2026

  4. Étape 4 : Le voyage Terre–Lune

    Pendant quatre jours, Orion traverse l'espace qui sépare la Terre de la Lune, soit environ 384 400 km en moyenne. Le vaisseau ralentit à mesure qu'il s'éloigne de la Terre, dont l'attraction le freine, avant que celle de la Lune ne prenne le relais. L'équipage teste les systèmes du vaisseau, réalise des expériences sur la santé humaine et photographie la Terre qui rétrécit de jour en jour. Le retard des communications augmente : chaque message met plus d'une seconde à atteindre le centre de contrôle.

    384 400 kmdistance moyenne Terre–Lune

    Source : NASA — Galerie « Journey to the Moon » (nouvelle fenêtre)
    Hémisphère nocturne de la Terre faiblement éclairé, avec un liseré atmosphérique bleuté et des lumières de villes, photographié depuis l'espace lointain.

    Archive · Crédit : NASA · 2 avril 2026

  5. Étape 5 : Le survol lunaire

    Le sixième jour, Orion contourne la Lune sans se placer en orbite. Le survol dure environ sept heures, avec un passage au plus près de la surface à quelque 6 545 km d'altitude. Répartis en deux équipes, les astronautes enchaînent les observations et prennent des milliers de photographies au téléobjectif : bassin Orientale, cratère Vavilov, bassin Hertzsprung. Ces vues, décrites en direct aux géologues restés au sol, documentent des régions de la face cachée qu'aucun humain n'avait encore observées directement.

    6 545 kmaltitude minimale au-dessus de la Lune

    Source : NASA — Journal de bord, jour 6 : survol lunaire (nouvelle fenêtre)
    Vaste bassin lunaire au fond lisse et sombre, entouré d'un terrain clair et accidenté, sous une lumière rasante.

    Archive · Crédit : NASA · 6 avril 2026

  6. Étape 6 : Derrière la Lune : silence radio et record de distance

    À 18 h 44 heure de l'Est, la Lune s'interpose entre Orion et la Terre : pendant une quarantaine de minutes, plus aucune communication n'est possible, un silence prévu et répété à l'entraînement. L'équipage observe alors la Terre se coucher derrière l'horizon lunaire, puis une éclipse totale de Soleil vue depuis l'espace. C'est aussi à ce moment qu'Orion atteint 406 770 km de la Terre, dépassant de 6 600 km le record d'Apollo 13 établi en 1970. Les quatre astronautes sont les humains les plus éloignés de leur planète de toute l'histoire.

    406 770 kmrecord de distance pour un vol habité

    Source : NASA — Record de distance pour un vol habité (nouvelle fenêtre)
    Croissant terrestre partiellement éclairé, avec des nuages blancs et des océans bleus, descendant derrière un horizon lunaire gris couvert de cratères.

    Archive · Crédit : NASA · 6 avril 2026

  7. Étape 7 : Le retour vers la Terre

    Ramené par la gravité lunaire, Orion accélère à nouveau vers la Terre pendant quatre jours. L'équipage consacre ce trajet à des essais qui préparent les missions suivantes : manœuvres manuelles, procédures d'urgence, tests de communication et suivi médical. Le vaisseau prépare aussi sa rentrée : à l'approche de la Terre, le module de service européen, qui a fourni propulsion, électricité, eau et air pendant tout le vol, doit être largué. Seule la capsule est conçue pour résister à la chaleur de la rentrée.

    ≈ 1,13 million kmparcourus pendant toute la mission

    Source : NASA — Journal de bord, jour 8 : essais sur le trajet retour (nouvelle fenêtre)
  8. Étape 8 : Rentrée atmosphérique et amerrissage

    Orion aborde l'atmosphère à une vitesse proche de 40 000 km/h. Son bouclier thermique encaisse des températures de plusieurs milliers de degrés, puis les parachutes freinent la capsule jusqu'à l'amerrissage dans le Pacifique, au large de San Diego, après 9 jours, 1 heure, 32 minutes et 15 secondes de vol. Les équipes de la NASA et de la marine américaine récupèrent l'équipage, puis le vaisseau. Artemis II s'achève ainsi : le premier vol habité autour de la Lune depuis plus de cinquante ans est un succès.

    9 j 1 h 32 mindurée totale de la mission

    Source : NASA — « Artemis II Splashes Down » (image et légende) (nouvelle fenêtre)
    Capsule Orion suspendue sous trois grands parachutes rouges et blancs, au-dessus de l'océan.

    Archive · Crédit : NASA · 10 avril 2026

Galerie

La Terre vue d'Artemis

Douze photographies d'archives sélectionnées parmi celles publiées par la NASA : la Terre depuis Orion, l'horizon lunaire, la face cachée, le lancement et le retour. Chaque image possède sa fiche, avec légende, crédit et page source.

Changer d'échelle

De 400 km à 384 400 km

L'ISS vole à environ 400 km de la surface ; la Lune est en moyenne 384 400 km plus loin, soit près de 961 fois la distance. Aucune illustration de cette taille ne peut montrer les deux fidèlement sans rendre l'ISS invisible : le schéma propose donc deux vues.

Schéma de la distance Terre–ISS–LuneVue rapprochée : la Terre est agrandie et l'orbite de l'ISS apparaît juste au-dessus de sa surface ; la Lune, à droite, est placée hors échelle, l'axe étant coupé.axe coupé — distance non représentéeTerreorbite de l'ISS (400 km)LuneVue rapprochée : Terre et ISS à l'échelle entre elles, Lune hors échelle.
Comparaison entre la Station spatiale internationale et la mission lunaire Artemis
ÉlémentISSLune / Artemis
Distance depuis la TerreL'altitude de l'ISS varie entre 400 et 420 km ; la distance Terre–Lune est une moyenne, l'orbite lunaire étant légèrement elliptique.Environ 400 kmEnviron 384 400 km
Durée du trajetUn vaisseau peut rejoindre l'ISS en quelques heures ; Artemis II a mis quatre jours entre l'injection translunaire et le survol de la Lune.Quelques heures à deux joursEnviron quatre jours
Délai de communicationÀ la vitesse de la lumière, un signal met environ 1,3 seconde pour parcourir la distance Terre–Lune.Quasi instantanéPlus d'une seconde dans chaque sens
VéhiculeStation spatiale internationaleCapsule Orion
Volume pressuriséL'ISS offre l'équivalent d'une maison de six chambres ; Orion, celui d'un grand monospace.Environ 916 m³Environ 20 m³ (dont 9 m³ habitables)
Équipage et durée de séjourEnviron 7 personnes, missions de 6 mois4 personnes, 21 jours au maximum en vol libre
FonctionLaboratoire orbital habité en permanence depuis novembre 2000Exploration humaine au-delà de l'orbite terrestre basse

Ordres de grandeur d'après les fiches de référence de la NASA (ISS, Orion, Lune) et les communiqués d'Artemis II. Sources détaillées en pied de page.

Comprendre

Pourquoi retourner sur la Lune ?

  • Mieux comprendre la Lune

    La Lune conserve l'histoire des premiers temps du Système solaire : ses cratères et ses bassins enregistrent des impacts effacés sur Terre par l'érosion. Les observations d'Artemis II sur la face cachée et les échantillons que rapporteront les missions suivantes doivent préciser l'âge et la composition de sa surface.

    NASA Science — La Lune (nouvelle fenêtre)
  • Étudier les ressources et la glace d'eau

    Des données orbitales indiquent la présence de glace d'eau dans les cratères en permanence à l'ombre, près du pôle Sud lunaire. Les missions Artemis visent cette région pour mesurer sur place la quantité et l'accessibilité de cette glace. Son usage éventuel pour produire de l'eau, de l'air ou du carburant reste un objectif à démontrer, pas un acquis.

    NASA Science — La Lune (nouvelle fenêtre)
  • Tester des séjours humains plus longs

    Vivre loin de la Terre impose de nouvelles solutions : protection contre les radiations, support de vie fiable sans ravitaillement rapide, combinaisons de surface, atterrisseurs. Artemis II a validé Orion avec un équipage ; Artemis III doit tester en orbite terrestre les rendez-vous avec un atterrisseur et les nouvelles combinaisons avant les premiers séjours en surface.

    NASA — Mise à jour de l'architecture Artemis (2026) (nouvelle fenêtre)
  • Préparer les missions lointaines

    La NASA présente la Lune comme un terrain d'essai à trois jours de la Terre, où l'on peut apprendre à opérer loin de tout secours avant d'envisager des voyages de plusieurs mois vers Mars. Les techniques éprouvées autour de la Lune (navigation, communications à distance, gestion de l'équipage) sont pensées pour être réutilisées.

    NASA — Programme Artemis (nouvelle fenêtre)

Les véhicules

SLS, Orion et Gateway

  • Fusée SLS s'élevant au-dessus de sa tour de lancement, flamme blanche et panache de fumée illuminant le ciel du soir.

    Le lanceur

    SLS

    En service (deux vols : Artemis I et Artemis II)

    Le Space Launch System est la fusée lourde de la NASA. Sa configuration Block 1 associe un étage principal à quatre moteurs RS-25 hérités de la navette, deux propulseurs à poudre et un étage supérieur qui donne à Orion l'impulsion nécessaire pour quitter l'orbite terrestre.

    Hauteur
    Environ 98 m avec Orion (Block 1)
    Poussée au décollage
    Environ 39 000 kN, soit près de 8,8 millions de livres
    Moteurs
    4 RS-25 sur l'étage principal et 2 propulseurs à poudre
    NASA — Guide de référence du SLS pour Artemis II (nouvelle fenêtre)
  • Panneau solaire du vaisseau Orion au premier plan, sombre, devant le disque lunaire éclipsant le Soleil et son halo lumineux.

    Le véhicule habité

    Orion

    En service (premier vol habité : Artemis II, 2026)

    Orion est la capsule qui transporte l'équipage vers la Lune et le ramène sur Terre. Elle associe un module d'équipage construit par Lockheed Martin pour la NASA et un module de service européen, fourni par l'ESA et assemblé par Airbus, qui assure propulsion, électricité, eau, air et contrôle thermique.

    Équipage et autonomie
    4 personnes jusqu'à 21 jours sans amarrage
    Volume
    Environ 9 m³ habitables pour 20 m³ pressurisés
    Module de service
    33 moteurs et 4 panneaux solaires de 7 m (ESA)
    NASA — Module d'équipage Orion (fiche de référence) (nouvelle fenêtre)
  • La station en orbite lunaire

    Gateway

    Programme en clôture (annonce NASA, mars 2026)

    Gateway devait être une petite station habitée en orbite autour de la Lune, servant de relais aux missions de surface, avec des modules fournis par la NASA, l'ESA, la JAXA, l'Agence spatiale canadienne et les Émirats arabes unis. En mars 2026, la NASA a annoncé la clôture progressive du programme pour concentrer ses moyens sur une présence directe à la surface lunaire. Gateway n'a jamais été lancée.

    Statut
    Clôture du programme engagée en 2026, aucun module lancé
    Rôle prévu
    Relais entre Orion et les atterrisseurs lunaires
    Partenaires
    NASA, ESA, JAXA, CSA et MBRSC (Émirats arabes unis)
    NASA — « NASA Charts More Reliable Course for America's Return to Lunar Surface » (mars 2026) (nouvelle fenêtre)

Pour aller plus loin

Quatre articles pour comprendre Artemis

Questions fréquentes sur Artemis

Statut réel de la mission, nature des images, différence avec l'ISS.

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