Les plus belles images d'Artemis II expliquées
Par Rédaction ISS Direct France · Publié le 8 septembre 2026

Entre le 1er et le 10 avril 2026, l'équipage d'Artemis II a rapporté des milliers de photographies prises depuis les hublots du vaisseau Orion. Certaines ont fait le tour du monde en quelques heures. Mais que montrent-elles exactement, dans quelles conditions ont-elles été prises, et comment savoir si l'on regarde une photographie réelle, une image de synthèse ou une visualisation scientifique ? Cet article détaille sept images de notre galerie, toutes publiées par la NASA avec leur crédit et leur page d'origine.
Un vol de neuf jours autour de la Lune
Artemis II n'était pas une mission d'alunissage. Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen ont décollé le 1er avril 2026 à bord d'Orion, ont contourné la Lune le 6 avril à environ 6 545 km de sa surface, puis sont revenus amerrir dans le Pacifique le 10 avril, après 9 jours, 1 heure et 32 minutes de vol. Le vaisseau suivait une trajectoire dite de retour libre : la gravité lunaire le renvoyait naturellement vers la Terre. Cette géométrie explique la nature des images : la Terre vue de loin à l'aller et au retour, la Lune vue de près pendant quelques heures, et une éclipse totale de Soleil observée depuis l'espace. Pour revivre les étapes de la mission, consultez la chronologie complète sur notre page Destination Lune.
« Hello, World » : la Terre après le grand départ
La première image marquante a été prise le 2 avril par le commandant Reid Wiseman, quelques minutes après l'injection translunaire, la poussée qui a arraché Orion à l'orbite terrestre. On y voit la Terre à moitié plongée dans la nuit, bordée d'un croissant lumineux. Deux détails la rendent précieuse pour les scientifiques : deux aurores polaires visibles aux hautes latitudes, et la lumière zodiacale, une lueur diffuse due aux poussières du Système solaire, qui apparaît parce que la Terre masque le Soleil. La NASA l'a publiée sous le titre « Hello, World » et la crédite « NASA/Reid Wiseman ». C'est une photographie réelle, prise à travers un hublot, dont seuls le cadrage et l'exposition ont été retouchés.
La face nocturne de la Terre
Le même jour, l'équipage a photographié l'hémisphère nocturne de notre planète. Éclairée uniquement par la Lune, la Terre y apparaît sombre, avec un fin liseré bleuté : c'est l'atmosphère, épaisse d'une centaine de kilomètres, qui diffuse la lumière. Ce type d'image est rare : depuis l'ISS, à 400 km d'altitude, la planète remplit tout le champ de vision et l'on ne voit jamais son disque complet. À plusieurs dizaines de milliers de kilomètres, Orion offre au contraire une vue globale, comparable à celle des missions Apollo. Vous pouvez comparer ces deux points de vue avec le flux vidéo de l'ISS, qui montre la Terre en continu depuis l'orbite basse.
« Earthset » : quand la Terre se couche derrière la Lune
L'image la plus commentée de la mission a été prise le 6 avril à 18 h 41, heure de la côte Est américaine, trois minutes avant qu'Orion ne passe derrière la Lune et ne perde le contact radio avec la Terre. On y voit un croissant terrestre, nuages blancs et océans bleus, descendre derrière un horizon lunaire criblé de cratères. Le vaisseau se trouvait alors à quelque 406 000 km de la Terre, au-delà du record établi par Apollo 13 en 1970. Ce cliché fait écho au célèbre « Earthrise » d'Apollo 8 (1968), mais il montre l'inverse : la Terre qui disparaît, et non qui se lève. Là encore, c'est une photographie brute, sans montage, dont la NASA a détaillé les conditions de prise de vue.
Une éclipse totale vue depuis l'espace
Pendant le survol, la Lune, vue de très près, est passée devant le Soleil. Depuis Orion, l'éclipse a duré près d'une heure, bien plus longtemps que les quelques minutes d'une éclipse observée depuis la Terre, parce que le disque lunaire paraissait beaucoup plus grand que le Soleil. Les photographies montrent un disque noir entouré d'un halo lumineux. La NASA précise que l'origine de ce halo (couronne solaire, lumière zodiacale ou combinaison des deux) est encore à l'étude. Le ciel assombri a aussi laissé apparaître plusieurs planètes, dont Vénus, Saturne et Mars. Une image cadrée avec un panneau solaire d'Orion au premier plan rappelle d'ailleurs que ces vues ont été prises depuis un vaisseau en vol, et non par un télescope.
La face cachée au téléobjectif
Les astronautes ont travaillé en deux équipes pendant environ sept heures, appareil photo à la main, avec des téléobjectifs de 400 mm. Leurs cibles avaient été préparées avec des géologues : le bassin Orientale, que l'équipage a été le premier à voir en entier, le cratère Vavilov sur le rebord du bassin Hertzsprung, ou encore les longues ombres du terminateur, la limite entre le jour et la nuit lunaires. Sur l'image du bassin Hertzsprung, l'intérieur apparaît lisse et sombre alors que les régions extérieures sont rugueuses : ces contrastes renseignent sur l'âge et la composition du sol. Ces photographies complètent les cartes des sondes en orbite, car l'œil humain et un appareil tenu à la main captent des nuances de lumière et de relief que les instruments automatiques ne saisissent pas toujours.
Photo, illustration ou visualisation : comment faire la différence
Toutes les images de notre galerie sont des photographies. Mais la NASA publie aussi d'autres types de visuels, qu'il faut savoir reconnaître. Les illustrations d'artiste montrent un événement qui n'a pas pu être photographié, par exemple le largage du module de service avant la rentrée : elles portent en général la mention « illustration » ou « artist's concept ». Les visualisations scientifiques, comme la simulation du survol produite par le Scientific Visualization Studio de la NASA, sont calculées à partir de données réelles de trajectoire mais restent des images de synthèse. Enfin, les vidéos en direct diffusées pendant la mission provenaient des caméras extérieures d'Orion, avec une qualité variable selon la liaison radio. Sur ISS Direct France, chaque média Artemis est présenté comme une archive datée et créditée ; rien n'est présenté comme un direct.
Où trouver les originaux et comment les utiliser
La NASA met ses photographies à disposition sur sa bibliothèque d'images (images.nasa.gov), sur ses galeries thématiques et sur ses comptes Flickr officiels. Les fichiers originaux dépassent souvent 20 mégapixels. Ils ne sont pas soumis au droit d'auteur aux États-Unis, mais leur usage obéit à des règles publiées par l'agence : citer le crédit (NASA et, le cas échéant, le photographe), ne jamais laisser entendre que la NASA approuve un produit ou un site, et respecter le droit à l'image des astronautes. Chaque fiche de notre galerie renvoie vers la page officielle de l'image, pas seulement vers le fichier, pour que vous puissiez vérifier la légende et le crédit d'origine. Pour comprendre en quoi le vaisseau qui a pris ces photos diffère de la station que vous suivez en direct, lisez ISS et Orion : deux façons de vivre dans l'espace.
Sources
- NASA — « Hello, World » (image et légende) (nouvelle fenêtre)
- NASA — « Earthset » (image et légende) (nouvelle fenêtre)
- NASA — Premières photos officielles du survol lunaire (nouvelle fenêtre)
- NASA — Galerie « Lunar Flyby » (nouvelle fenêtre)
- NASA Image and Video Library (nouvelle fenêtre)
- NASA — Conditions d'utilisation des images et médias (nouvelle fenêtre)