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Combien de temps faut-il pour aller de la Terre à la Lune ?

Par Rédaction ISS Direct France · Publié le 8 septembre 2026

La Terre en partie plongée dans la nuit, bordée d'un fin croissant lumineux, vue depuis un hublot du vaisseau Orion ; des aurores vertes apparaissent aux hautes latitudes.

La Lune est à 384 400 km de la Terre en moyenne. À la vitesse d'un avion de ligne, il faudrait dix-huit jours pour couvrir cette distance ; à celle de l'ISS, moins de quatorze heures. Pourtant, l'équipage d'Artemis II a mis environ quatre jours entre son départ de l'orbite terrestre, le 2 avril 2026, et son passage au plus près de la Lune, le 6 avril. Pourquoi si longtemps ? Parce qu'un vaisseau spatial ne vole pas en ligne droite : il tombe, le long d'une courbe dictée par la gravité. Explications.

384 400 km : une distance qui varie

L'orbite de la Lune n'est pas un cercle parfait. Sa distance à la Terre oscille entre environ 363 000 km au plus près (le périgée) et 405 000 km au plus loin (l'apogée). La valeur de 384 400 km est une moyenne, publiée par la NASA. Pour donner un ordre de grandeur, on pourrait aligner une trentaine de Terres entre notre planète et la Lune. Lors du survol d'Artemis II, le vaisseau ne s'est pas contenté d'atteindre la Lune : il l'a contournée par l'arrière, ce qui l'a porté à 406 770 km de la Terre, un record pour un vol habité, environ 6 600 km au-delà de celui d'Apollo 13.

Quatre jours pour Artemis II, trois pour Apollo

Le calendrier d'Artemis II est simple à retenir. Décollage le 1er avril 2026 à 22 h 35 UTC, puis environ une journée en orbite terrestre pour vérifier les systèmes du vaisseau avec un équipage à bord. Le 2 avril, le moteur principal du module de service européen s'allume pendant près de 350 secondes : c'est l'injection translunaire, qui place Orion sur sa route vers la Lune. Le 6 avril, le vaisseau passe à environ 6 545 km de la surface lunaire, puis entame son retour. Amerrissage le 10 avril au soir, heure de Californie. Les missions Apollo, dans les années 1960 et 1970, mettaient un peu plus de trois jours pour rejoindre l'orbite lunaire. Artemis II a pris un jour de plus, parce que sa trajectoire, dite de retour libre, privilégiait la sécurité de l'équipage à la vitesse.

Pourquoi le trajet n'est pas une ligne droite

Dans l'espace, aucun vaisseau ne « vole » vers sa destination comme un avion. Une fois ses moteurs éteints, il suit une trajectoire balistique, comme un ballon lancé en l'air, mais sans frottement. Pour rejoindre la Lune, on ne vise donc pas la Lune : on vise l'endroit où elle sera quatre jours plus tard, car elle se déplace à environ 3 700 km/h sur son orbite. Le vaisseau décrit une longue ellipse dont le point le plus éloigné rencontre l'orbite lunaire au bon moment. La trajectoire de retour libre utilisée par Artemis II va plus loin : elle est calculée pour que la gravité de la Lune fasse faire demi-tour au vaisseau et le renvoie vers la Terre, même si tous ses moteurs tombaient en panne. Apollo 13 a survécu grâce à ce principe en 1970. Sur Artemis II, la précision de l'injection translunaire a été telle que deux des trois corrections de trajectoire prévues à l'aller ont été annulées, selon l'ESA.

Vitesse : de 39 000 km/h à quelques milliers

La vitesse du vaisseau change énormément pendant le voyage. Juste après l'injection translunaire, Orion se déplace à un peu moins de 40 000 km/h par rapport à la Terre. Puis la gravité terrestre le freine sans relâche : à mesure qu'il s'élève, il ralentit, jusqu'à quelques milliers de kilomètres par heure à l'approche de la zone où l'attraction de la Lune devient dominante. Il accélère ensuite de nouveau en tombant vers la Lune, la contourne, puis le scénario se répète en sens inverse pour le retour. C'est cette décélération continue qui explique la durée du trajet : la vitesse moyenne sur l'aller est bien inférieure à la vitesse initiale.

Et si l'on allait plus vite ?

Techniquement, on peut raccourcir le voyage en donnant plus de vitesse au départ. Mais chaque kilomètre par heure supplémentaire coûte du carburant, donc de la masse, donc un lanceur plus gros. Surtout, un vaisseau qui arrive trop vite ne peut plus être capturé par la gravité lunaire ni renvoyé vers la Terre sans une longue poussée de freinage. Pour une mission habitée, la trajectoire lente et sûre l'emporte. Les sondes robotiques font parfois des choix différents : certaines ont mis plusieurs mois en spiralant lentement avec des moteurs électriques, économes en carburant ; d'autres ont rejoint la Lune en un peu plus d'un jour.

Comparaison avec l'ISS

La Station spatiale internationale se trouve à environ 400 km d'altitude, presque mille fois plus près que la Lune. Un vaisseau Crew Dragon ou Soyouz peut la rejoindre en quelques heures, parfois en trois heures à peine, ou en deux jours selon le plan de vol. L'ISS elle-même parcourt les 384 400 km qui nous séparent de la Lune en moins de quatorze heures, à environ 28 000 km/h, mais elle ne quitte jamais son orbite : toute cette vitesse sert à tomber autour de la Terre, pas à s'en éloigner. Pour quitter l'orbite basse, il faut ajouter environ 11 000 km/h, ce qu'a fait le moteur d'Orion le 2 avril. Vous pouvez suivre la position de l'ISS en temps réel et calculer ses prochains passages au-dessus de chez vous.

Le trajet retour

Revenir prend à peu près aussi longtemps que l'aller : environ quatre jours entre le survol lunaire du 6 avril et l'amerrissage du 10 avril. La différence se joue à l'arrivée. Un vaisseau revenant de la Lune aborde l'atmosphère à une vitesse proche de 40 000 km/h, contre environ 28 000 km/h pour une capsule qui quitte l'ISS. Le bouclier thermique d'Orion, testé sans équipage lors d'Artemis I en 2022, a de nouveau rempli son rôle avec quatre personnes à bord. Après le largage du module de service européen, la capsule a déployé ses parachutes et touché l'océan Pacifique au large de San Diego, mettant fin à un voyage d'environ 1,13 million de kilomètres. Retrouvez chaque étape dans la chronologie de la mission et les photographies prises en chemin dans notre sélection d'images expliquées.

Sources

  1. NASA Science — Faits sur la Lune (nouvelle fenêtre)
  2. NASA — Mission Artemis II (nouvelle fenêtre)
  3. ESA — Communiqué « Splashdown for Artemis II » (nouvelle fenêtre)
  4. NASA — Record de distance pour un vol habité (nouvelle fenêtre)
  5. NASA — Communiqué de retour sur Terre (10 avril 2026) (nouvelle fenêtre)
  6. NASA — Station spatiale internationale : chiffres clés (nouvelle fenêtre)

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