La vie quotidienne des astronautes à bord de l'ISS
Publié le 25 juin 2026

Vivre dans l'ISS, c'est habiter un appartement de 388 mètres cubes pressurisés où rien ne tombe, où tout flotte, et où le moindre geste anodin demande une adaptation. Les six membres d'équipage permanent — souvent issus de la NASA, de l'ESA, de Roscosmos, de la JAXA et de la CSA — y passent en moyenne six mois. Leur journée est rythmée par un planning minuté envoyé chaque soir par le centre de contrôle de Houston : sciences, maintenance, sport, repas, communications avec la Terre.
Le sommeil se passe dans de petites cabines individuelles, à peine plus grandes qu'une cabine téléphonique, dans lesquelles l'astronaute s'attache à un sac de couchage fixé au mur. Sans cette précaution, il dériverait pendant la nuit et risquerait de se cogner. Pour limiter la perte osseuse et musculaire causée par la microgravité, chaque membre d'équipage consacre 2 heures par jour à du sport : tapis de course harnaché, vélo sans selle et machine de musculation à résistance pneumatique (l'ARED). Sans cet entraînement, ils ne pourraient pas tenir debout au retour sur Terre.
La toilette est une autre prouesse logistique. Pas de douche : l'eau, en gouttelettes flottantes, deviendrait dangereuse pour l'électronique. Les astronautes utilisent des lingettes humides, du savon sans rinçage et un shampoing qui ne mousse pas. Le brossage de dents se fait avec un dentifrice avalable. Quant aux toilettes, elles fonctionnent par aspiration : un système qui sépare les liquides — recyclés en eau potable — des solides, compactés et renvoyés vers la Terre dans les vaisseaux cargo.
La nourriture est variée mais conditionnée. Plats lyophilisés à réhydrater, conserves stérilisées, fruits frais livrés par les cargos une fois par mois. Le chef étoilé Thierry Marx et l'agence spatiale française ont conçu plusieurs menus pour les astronautes européens, dont Thomas Pesquet : tartelette à l'oignon, bœuf bourguignon, pain d'épices. Le sel et le poivre sont liquides, distribués au compte-gouttes pour éviter de polluer les filtres de l'air. Les repas se prennent en commun dans le module Unity, fixés à la table par des élastiques.
Malgré la routine, le quotidien ménage des moments uniques : les 16 levers de Soleil par jour, les observations de la Terre depuis la coupole, les conversations en direct avec des écoliers via radio amateur. Beaucoup d'astronautes décrivent cette « vue d'ensemble » — l'overview effect — comme une expérience transformatrice : depuis l'ISS, les frontières disparaissent, les océans dominent, l'atmosphère paraît terriblement fine. C'est cette fragilité-là qu'ils ramènent dans leurs bagages.